Cinq dispositifs concrets qui changent l’accès aux droits pour les femmes
De la santé mondiale au droit européen du consentement, suivons cinq instruments qui transforment l’accès aux droits : financements de soins, données sportives, PMA publique, information radiophonique et initiative parlementaire. La revue ne rassemble pas des promesses, mais des montants, des protocoles, des ressources accessibles et une procédure politique encore ouverte.
Melinda French Gates consacre 215 millions de dollars supplémentaires à la santé des femmes dans le monde. Dans un entretien à l’Associated Press, la philanthrope indique que cette enveloppe, portée par Pivotal, financera l’accès à la contraception, les soins maternels et des initiatives destinées aux femmes d’âge mûr, dont des travaux sur la ménopause. L’agence précise que ses engagements sur ce terrain dépassent désormais 600 millions de dollars sur deux ans. Parmi les allocations annoncées, 40 millions doivent aller à Co-Impact pour intégrer un soutien en santé mentale aux soins maternels et de premier recours, notamment en Afrique. Dix millions sont destinés à la Menopause Society afin d’améliorer la prise en charge aux États-Unis.
Les montants sont fléchés, les organisations bénéficiaires identifiées, les publics visés distincts. L’AP rappelle que Pivotal réunit les structures créées par Melinda French Gates pour sa philanthropie et ses investissements. Contraception, maternité, santé mentale et ménopause se retrouvent dans une même séquence de financement, avec des dispositifs appelés à s’inscrire dans les services de santé.
Dans le football, le point de départ est un déficit de connaissances adaptées aux joueuses. Reuters rapporte que la FIFA a lancé le Female Health and Performance Project, une plateforme en ligne de trente modules répartis sur treize thèmes. Elle s’adresse aux jeunes joueuses, à leurs parents, aux entraîneurs, aux personnels médicaux et aux 211 fédérations membres. Sommeil, nutrition et renforcement musculaire y côtoient la santé menstruelle, la grossesse, le retour post-partum et la ménopause.
La FIFA, à l’origine du programme, entend répondre à un angle mort durable des sciences du sport. Reuters cite une revue de plus de 5 000 études publiées entre 2014 et 2020 : les femmes représentaient 34 % des participants et 6 % seulement des travaux leur étaient exclusivement consacrés. La plateforme prolonge des programmes pilotes organisés avant la Coupe du monde féminine à 32 équipes de 2023, dont dix sélections avaient bénéficié d’un accompagnement ciblé. Les contenus sont désormais intégrés au centre de formation en ligne de l’instance internationale.
L’accès au soin prend une autre forme en Catalogne. El País revient sur le programme mis en place en 2016 par l’Hospital Sant Pau et la Fundación Puigvert, à Barcelone, pour ouvrir la procréation médicalement assistée publique aux femmes sans partenaire masculin. Avant cette date, les femmes seules et les couples lesbiens recouraient, dans l’immense majorité des cas, au secteur privé, écrit le quotidien espagnol. En 2021, une ordonnance du ministère de la Santé a garanti l’accès à la PMA dans le système national aux femmes sans partenaire masculin et aux personnes trans capables de gestation.
Le bilan du centre rend compte de cette décennie : environ 1 700 femmes seules ou couples lesbiens y ont été reçus et plus d’un millier d’enfants y sont nés. El País décrit aussi l’adaptation du protocole, depuis des consultations collectives destinées à absorber les premières demandes jusqu’à la généralisation d’examens de fertilité et de prises en charge préalables. L’ouverture du programme a donc exigé une organisation médicale complète, au-delà de la modification des critères d’admission.
Au Brésil, l’information devient un relais de protection. L’Agência Brasil annonce que le programme officiel A Voz do Brasil réserve depuis le lundi 8 une minute quotidienne, dans la tranche attribuée à la Chambre des députés, aux services de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes. Le créneau doit faire connaître les réseaux publics d’accueil, de protection et d’orientation, dont le Ligue 180, la ligne nationale d’assistance aux femmes.
La radio ajoute cette séquence à une émission quotidienne dont la rediffusion reste obligatoire entre 19 heures et 22 heures, sauf le week-end et les jours fériés. Créée en 1935, A Voz do Brasil diffuse les nouvelles des trois pouvoirs. La mesure ne crée pas un service supplémentaire : elle élargit la diffusion d’informations déjà disponibles, au sein d’un programme national largement accessible.
Enfin, Tagesschau relate le vote par lequel plus des deux tiers des eurodéputés ont soutenu un rapport d’initiative demandant à la Commission européenne de proposer une définition du viol commune et juridiquement contraignante dans l’Union. Le texte souhaite y inscrire le consentement clair aux actes sexuels. Son mot d’ordre, « Nur Ja heißt Ja », renvoie à la place centrale d’un accord explicite dans la définition recherchée.
L’étape reste parlementaire. La Commission n’est pas tenue de déposer la proposition demandée, mais doit prendre position dans les trois mois. Tagesschau rappelle que plusieurs pays européens appliquent déjà ce principe, tandis que les protections varient encore selon les États. La suite dépend désormais de la réponse de l’exécutif européen à cette demande formelle du Parlement.