Paix, économie, climat : les femmes gagnent du terrain
De Montevideo à Brasilia, puis aux réseaux internationaux du climat, trois articles d’ONU Femmes, de Reuters et de Reuters Events montrent comment la présence des femmes gagne du terrain dans les lieux où se décident sécurité, économie et transition écologique. La revue relie formation diplomatique, nominations financières et transmission de leadership, sans transformer ces avancées en récit héroïque : chacune demeure inscrite dans des institutions précises.
À Montevideo, ONU Femmes inscrit la place des femmes dans les politiques de paix et de sécurité, face à la violence armée, à l’insécurité, à la mobilité humaine et aux effets du changement climatique. L’article rend compte de la troisième édition régionale de l’Académie de Plans d’Action National sur Femmes, Paix et Sécurité, organisée par ONU Femmes et Our Secure Future avec le ministère des Relations extérieures de l’Uruguay. Pendant trois jours, à l’Institut Artigas du Service extérieur, des délégations de Colombie, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay ont travaillé sur leurs expériences et sur la construction de politiques publiques plus inclusives.
La source originelle apparaît comme la communication d’ONU Femmes, reprise par le ministère uruguayen. Elle présente les Plans d’Action Nationaux comme les instruments par lesquels les États traduisent les engagements de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité en mesures concrètes. La rencontre a associé gouvernements, société civile, universités et organismes internationaux. Elle a porté sur la participation des femmes aux espaces de décision, la prévention des violences, la coordination institutionnelle et les liens entre climat, mobilité humaine et sécurité.
La même question de présence dans les lieux de décision traverse l’enquête de Reuters consacrée à la banque centrale du Brésil. L’agence indique, sur la base de trois sources ayant une connaissance directe du dossier, que son gouverneur, Gabriel Galipolo, envisage de recommander deux femmes pour des postes vacants au sein du Copom, comité de politique monétaire de neuf membres. Cecilia Machado, cheffe économiste de BOCOM BBM et docteure en économie de l’université Columbia, figure parmi les noms envisagés pour la direction de la politique économique. Marina Copola, spécialiste de droit économique et commercial et membre du conseil de la CVM, apparaît comme la principale prétendante pour la supervision du système financier.
Reuters précise qu’aucune décision finale n’a été prise, le dernier mot revenant au président Luiz Inacio Lula da Silva, avec approbation du Sénat. L’arrivée de deux directrices porterait à trois le nombre de femmes au Copom, avec Izabela Correa, directrice de la citoyenneté dont le mandat court jusqu’en 2028. L’agence rappelle que, sur 142 personnes ayant siégé au conseil de la banque centrale, seules six étaient des femmes. Le signal concerne l’accès aux lieux où se construit la politique des taux.
Le troisième texte déplace l’angle vers la visibilité de figures féminines engagées dans la transition écologique. Reuters Events, dans un article de son pôle Sustainable Business, présente douze femmes retenues dans la liste Trailblazing Women in Climate 2026, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Le texte, explicitement distinct de Reuters News, rassemble des responsables issues des politiques publiques, de la finance, de l’entreprise et de l’activisme. Il cite notamment Jo da Silva, Ana Toni, Anne Hidalgo, Barbara Buchner, Jessica Smith, Kara Hurst, Laureen Meroueh, Frances Seymour, Catherine McKenna, Durreen Shahnaz, Cecile Ndjebet et Leslie Johnston.
Les trajectoires réunies couvrent l’ingénierie, la finance climatique, les villes, la technologie industrielle, les forêts, la philanthropie et les engagements de neutralité carbone. La sélection insiste aussi sur la sous-représentation des femmes du Sud global dans la finance climatique. Ces trois textes ne décrivent pas un même événement, mais un même déplacement : les femmes apparaissent moins comme objet de politiques publiques que comme productrices d’outils, de décisions et de savoirs institutionnels.
À Montevideo, l’enjeu passe par la formation ; à Brasilia, par l’accès à un organe économique central ; dans la sélection climatique, par la transmission de profils capables d’articuler expertise, gouvernance et action collective.