Droit des femmes : quand les mots des luttes changent de camp

Publié le 16/05/2026 · Par Team Les Braqueuses

Discours masculinistes, attente de justice, reprise politique du vocabulaire féministe : trois articles francophones décrivent un terrain de plus en plus disputé. La Fondation des Femmes mesure une inquiétude croissante, La Déferlante interroge les réponses judiciaires offertes aux victimes, tandis que Medfeminiswiya analyse l’usage identitaire des droits des femmes, avec des effets politiques directs.

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La séquence francophone confirme un déplacement du débat féministe vers la question des récits publics. Selon The Media Leader, le baromètre 2026 de la Fondation des Femmes, réalisé avec Omnicom Media France, fait apparaître un double mouvement : inquiétude face aux discours conservateurs et soutien persistant aux droits des femmes.

L’enquête indique que 81 % des Français se déclarent favorables à une loi intégrale contre les violences sexuelles. Elle relève aussi que 32 % des personnes interrogées jugent que la situation des femmes s’est dégradée en France au cours des cinq dernières années, soit une hausse de 22 points en un an.

Le Monde, dans sa rubrique « La revue des revues », retient le dossier du numéro 21 de La Déferlante, consacré aux attentes des victimes devant la justice. La revue féministe trimestrielle s’intéresse à des parcours liés aux violences sexuelles, policières ou environnementales, en interrogeant ce que les personnes concernées recherchent réellement dans l’institution judiciaire.

Le quotidien rappelle que les plaintes pour violences sexuelles sont passées de 59.000 en 2014 à 154.000 en 2024, tout en soulignant que seule une minorité des victimes saisit les tribunaux.

Medfeminiswiya examine, de son côté, le fémonationalisme, défini comme l’instrumentalisation du lexique féministe par des forces de droite ou d’extrême droite. L’article signé Salma Matri montre comment les violences faites aux femmes servent un discours sécuritaire et identitaire, au détriment d’une analyse structurelle.

Le média, réseau féministe de femmes journalistes dans l’espace méditerranéen, replace ainsi l’enjeu dans une bataille d’appropriation : défendre les femmes ne suffit pas à définir un projet d’émancipation. L’ensemble éclaire la fonction critique de médias féministes capables de produire des faits, des cadres de lecture et des contre-pouvoirs.

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