IVG, ménopause, santé : les droits sortent du silence
Dans l’Idaho, l’avortement repasse par les urnes ; à Portland, la ménopause monte sur scène ; en Italie, une caisse professionnelle soutient ses membres victimes de violences ; côté santé mondiale, Melinda French Gates engage 215 millions de dollars. Quatre articles du Guardian, d’ANSA et de l’Associated Press dessinent une revue où les droits des femmes avancent moins par slogans que par scrutins, concerts, guichets et financements.
Dans l’Idaho, l’une des lois anti-avortement les plus strictes des États-Unis pourrait bientôt retrouver un adversaire de taille : les électeurs. The Guardian rapporte que le secrétaire d’État a certifié, lundi 13 juillet, une initiative citoyenne destinée à inscrire au scrutin de novembre une loi de « liberté reproductive ». Le groupe Idahoans United for Women & Families, entièrement porté par des bénévoles, a réuni plus de 100.000 signatures, au-delà des 70.725 nécessaires. La bataille n’est donc pas gagnée. Mais la mesure, elle, a franchi la porte.
Si elle était approuvée, cette loi ordinaire — et non un amendement constitutionnel — autoriserait l’avortement jusqu’à la viabilité fœtale, généralement située après environ 21 semaines de grossesse. Elle garantirait aussi la possibilité de décider en matière de contraception et de traitement de fertilité. Le Guardian rappelle que l’Idaho interdit aujourd’hui l’avortement à tous les stades de la grossesse, sauf pour sauver la vie de la femme, ou en cas de viol ou d’inceste. L’État fait également partie des six juridictions américaines dont l’interdiction ne prévoit pas d’exception pour la santé de la fille ou de la femme enceinte. Depuis l’annulation de Roe v. Wade, les référendums locaux sont devenus l’un des terrains où se rejoue l’accès aux soins reproductifs. L’Idaho y ajoute désormais son bulletin, et ce n’est pas rien.
Changement de décor, même sortie du silence. À Portland, la santé des femmes n’attend plus son tour dans un cabinet médical : elle prend les guitares, les amplis et le Crystal Ballroom. Dans un autre article, The Guardian raconte Menopunkapalooza, festival et foire aux ressources consacrés à la ménopause et à la périménopause. L’événement a réuni 750 personnes, des musiciennes issues de la scène punk du Nord-Ouest pacifique et une équipe de professionnelles de santé. Le tout autour d’un sujet encore traité comme un embarras biologique, quand il concerne pourtant des millions de vies.
Le festival, fondé par Alicia J Rose, a aussi servi à financer et filmer un documentaire, Menopunks, qu’elle espère présenter dans des festivals en 2027. Le Guardian cite notamment Calamity Jane, groupe associé au mouvement riot grrrl, qui se produisait pour la première fois depuis 35 ans. Entre concerts, échanges médicaux, témoignages et humour frontal, Menopunkapalooza transforme une expérience souvent renvoyée à l’intime en objet culturel partagé. La filiation est limpide : dans les années 1990, riot grrrl avait fait monter sur scène la colère, l’autonomie et les violences sexistes. Trente ans plus tard, d’autres corps, d’autres symptômes, même réflexe : reprendre le micro avant que d’autres ne s’occupent du silence.
En Italie, la réponse passe par un instrument moins spectaculaire, mais tout aussi concret : un fonds professionnel. ANSA indique que la Cassa dottori commercialisti a renouvelé une contribution destinée aux consœurs victimes de violences de genre, avec une enveloppe de 200.000 euros. L’organisme de prévoyance, présidé par Ferdinando Boccia, présente cette mesure comme un soutien aux inscrites confrontées à des situations de fragilité particulière. La source originelle identifiable est la caisse elle-même, dont l’agence italienne relaie l’annonce.
Le dispositif accompagne les parcours de protection et de sortie de la violence, tout en visant l’autonomie personnelle et la continuité de l’activité professionnelle. Cette précision importe : les violences ne menacent pas seulement la sécurité immédiate, mais aussi le revenu, le cabinet, la clientèle, la capacité de travailler sans être sans cesse ramenée à l’urgence. Les demandes doivent être déposées au moyen du formulaire prévu, disponible sur le site de la caisse jusqu’à épuisement des fonds, et au plus tard le 30 juin 2027. ANSA rappelle également que la Cassa est conforme, pour la troisième année consécutive, aux exigences de la certification Uni/PdR 125:2022 pour la parité de genre. Derrière le vocabulaire très balisé de l’administration, une question simple : comment une profession répond-elle lorsqu’une violence privée produit des dégâts économiques très publics ?
La santé mondiale revient enfin par les chiffres. L’Associated Press rapporte que Melinda French Gates consacre 215 millions de dollars supplémentaires à l’amélioration de la santé des femmes. Cette nouvelle enveloppe porte à plus de 600 millions de dollars, en deux ans, ses engagements dans ce domaine. Les fonds doivent soutenir l’accès à la contraception, les soins maternels, ainsi que des initiatives destinées aux femmes d’âge mûr, notamment autour de la ménopause. L’agence s’appuie sur l’annonce et sur un entretien avec la philanthrope autour de Pivotal, l’ensemble de structures qu’elle a créé pour porter ses investissements et ses actions philanthropiques.
Les montants sont ciblés : 40 millions de dollars iront à Co-Impact pour intégrer un soutien en santé mentale aux soins maternels et de premier recours, notamment en Afrique ; 10 millions de dollars sont destinés à The Menopause Society, afin d’améliorer la prise en charge aux États-Unis, par la formation des soignants et l’extension des ressources dans les zones où l’accès reste limité. L’Associated Press cite aussi le Forum économique mondial : les problèmes de santé touchant spécifiquement les femmes ne recevraient que 2 % des financements privés de santé. Pas vraiment de quoi parler de niche.