Cinq leviers concrets pour mieux protéger les femmes

Publié le 02/07/2026 · Par Team Les Braqueuses

Des réseaux sociaux aux hautes juridictions, cinq initiatives rendent plus visibles les infrastructures qui conditionnent l’égalité : retirer un contenu intime, protéger une victime, former les équipes sportives, préserver une mémoire lesbienne ou préparer des carrières de justice. Du Brésil à l’Espagne, du football mondial à l’Allemagne, la revue suit moins des déclarations que les mécanismes appelés à produire des effets concrets au quotidien.

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Au Brésil, le délai devient un enjeu de protection. Le Ministério das Mulheres détaille le décret n° 12.976, publié le 20 mai, qui encadre la réponse des plateformes aux violences numériques visant les femmes. Après un signalement de la victime ou de sa représentante, les contenus intimes diffusés sans consentement doivent être rendus indisponibles dans un délai maximal de deux heures. La même règle vaut pour les montages sexualisants créés ou modifiés par intelligence artificielle.

Le dispositif impose aussi de marquer ces contenus afin d’empêcher leur republication, de réduire la portée d’attaques coordonnées et de maintenir un canal de signalement gratuit, permanent et visible. Les plateformes devront afficher les coordonnées du Ligue 180 et motiver leurs décisions de retrait ou de maintien. Jusqu’à la publication d’une réglementation spécifique, le texte fixe aussi des délais distincts : six heures pour un contenu manifestement illégal constituant un crime ou un acte illicite contre les femmes, vingt-quatre heures pour les autres situations de violence numérique. Il entrera en vigueur soixante jours après sa publication.

En Allemagne, la réponse s’organise autour de la protection contre les violences conjugales. Frauenhauskoordinierung rapporte l’adoption, le 8 mai, d’une réforme de la loi de protection contre les violences. Le Bundestag ouvre notamment la voie au bracelet électronique et à des programmes obligatoires destinés aux auteurs. L’association fédérant des structures d’hébergement et de conseil salue ces outils, tout en jugeant qu’ils ne suffiront pas sans un cadre plus cohérent.

Elle réclame ainsi une gestion nationale des situations de haut risque, des outils d’évaluation communs, des réunions de cas associant les refuges et les centres de conseil, ainsi qu’une réforme du droit de la famille. Son argument est pratique : une mesure d’éloignement peut perdre une part de son efficacité lorsque les procédures de garde ou de droit de visite continuent d’exposer les victimes et leurs enfants à des contacts contraints. La source est donc à la fois le texte voté au Bundestag et l’analyse, explicitement attribuée, d’une organisation du secteur.

Dans le football féminin, le déficit se mesure d’abord dans les études disponibles. Reuters rappelle qu’une revue de plus de 5 000 travaux de sciences du sport, publiés entre 2014 et 2020, ne comptait que 34 % de participantes et 6 % d’études exclusivement consacrées aux femmes. La FIFA a lancé, le 1er juin, son Female Health and Performance Project, une plateforme accessible en ligne, avec trente modules répartis sur treize thèmes.

Le programme vise les jeunes joueuses, leurs parents, les entraîneurs, les équipes médicales et les 211 fédérations membres. Sommeil, nutrition, préparation physique, santé menstruelle, grossesse, reprise après l’accouchement et ménopause y sont traités au même niveau que les questions de performance. L’initiative prolonge des programmes pilotes menés avant la Coupe du monde féminine 2023, qui avaient accompagné dix sélections. Elle s’appuie sur un principe simple : faire circuler, dans tout l’écosystème du jeu, des connaissances construites à partir des réalités physiologiques des joueuses.

À Madrid, la culture et les livres donnent une autre profondeur à cette circulation des savoirs. El País raconte la remise de la Médaille de l’Ordre du mérite constitutionnel à l’avocate María Rosario Alises, à la libraire et éditrice Emilia « Mili » Hernández, et à l’activiste Boti García Rodrigo. La cérémonie « Orgullo y Justicia », organisée le 26 juin par le ministère de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, distingue trois parcours liés au droit, à l’édition et au militantisme LGTBIQ+.

Fondatrice de la librairie Berkana et de la maison d’édition Egales, Emilia Hernández a rappelé le rôle décisif de la lecture dans son propre parcours. « La literatura me salvó la vida. Me enseñó a quererme como mujer lesbiana y a amar a las mujeres. » Cette phrase, citée en espagnol par El País, éclaire le sens de sa distinction : des livres trouvés à Londres et New York à l’ouverture de Berkana, dans le quartier madrilène de Chueca, en 1993, la littérature est présentée comme une ressource de reconnaissance, puis comme un outil d’action culturelle.

La cérémonie avait lieu au Palacio de Parcent, ancien siège du Patronato de Protección de la Mujer, institution qui a, durant des décennies, puni et enfermé des femmes jugées contraires à la morale de leur temps, y compris des lesbiennes. Le ministre Félix Bolaños y a annoncé l’installation d’une plaque commémorative. Ce lieu fait ainsi se croiser l’histoire des violences institutionnelles, les archives d’une mémoire à réparer et la reconnaissance publique d’actrices qui ont contribué aux avancées juridiques, sociales et culturelles du mouvement LGTBIQ+.

Au Brésil encore, l’enjeu est l’accès des femmes aux postes où se tracent les politiques judiciaires. Une dépêche de l’Agência Brasil, reprise par O Povo, présente le programme Caminhos para Liderança de Mulheres na Justiça, lancé par Justa, Themis et Fórum Justiça. Trente magistrates, procureures et défenseures publiques doivent y suivre dix mois de mentorat, de rencontres en présentiel et d’expériences internationales axées sur la gestion et la gouvernance.

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